
Les 3 familles sont donc réparties de la manière suivante : celle de Marseille (les parents, leurs deux filles et leur fils) est intégrée à une tribu d'Équateur, les Zaparas. Vivant au fin fond de la forêt amazonienne, les Zaparas sont des "chasseurs-cueilleurs" (chassant principalement à la sarbacane), et la base de leur alimentation étant la "chicha" : il s'agit de racines de Yucca que les femmes de la tribu font macérer avec leur salive dans un grand plat commun. Gloups ! Dur pour nos Français de s'efforcer à faire preuve de politesse en honorant cette tradition !
Cette tribu, dirigée par un chef respecté, est située à 45 minutes d'avion de la ville de Shell, et c'est d'ailleurs le seul moyen de l'atteindre.



Pour les filles de la famille cohabitant avec les Hulis de Papouasie, ce "choc" a été ressenti dès lors arrivée. En effet, les hommes ne doivent donc pas dormir ou résider dans les mêmes maisons que les femmes. Dur pour la mère d'être séparée de son mari la nuit et les filles de la protection de leur père. Elles n'ont d'ailleurs pas supporté cette situation très longtemps, ce que le chef a ressenti et finalement décidé de laisser les trois femmes dormir dans la maison des hommes. Un bouleversement qui a à la fois contrarié le chef des Hulis comme le Français lui-même, qui s'est bien mieux intégré que sa femme et ses filles auprès des hommes, qu'elles des femmes. Le père s'est excusé auprès du chef et a averti sa famille qu'elle avait intérêt à se tenir à carreaux, n'étant pas à leur place ! Le Normand serait presque devenu un Hulis...
C'est un peu le même problème qu'a rencontré la famille Parisienne chez les Surmas. En effet, dès le premier soir, l'un des hommes de la tribu a informé les Français que les enfants même adolescents ne devaient pas dormir dans les mêmes appartements que leurs parents. Le père a immédiatement refusé cette séparation, peut-être inquiet à l'idée que ses filles dorment aux côtés de jeunes hommes pour qui la nudité n'est pas tabou du tout (es hommes vivent en effet sans jamais se couvrir les parties, ou les femmes leur poitrine). Mais je ne m'avance pas sur cette supposition, toujours est-il que cette situation de séparation la nuit n'a pas été acceptée et donc respectée par la famille française, alors qu'il s'agit de traditions établies depuis toujours chez les Surmas.
Le confort habituel des Français a été littéralement bouleversé. Que ce soit dans leur lieu de couchage, leur nourriture, leur travail fourni pour chasser, se nourrir ou construire des habitations, etc. Le fils de la famille marseillaise, chez les Zaparas d'Équateur, a pu d'ailleurs se rendre compte de ce que c'est que d'être un homme dans cette contrée : il a du dormir à l'entrée du lieu où dormait sa famille, avec son père, pour les protéger contre d'éventuels intrusions voir attaques de bêtes sauvages !
En tant que téléspectateur, on a peut-être du mal à comprendre ce que ressentent les familles au contact de ces tribus tellement opposées à leur mode de vie en France. J'avoue qu'en tant que téléspectatrice, j'ai presque ressenti de la "honte", en voyant les réactions notamment des adolescentes refusant toute intégration au mode de vie, certes difficile pour des Français, des Surmas. Malgré la barrière de la langue, les membres de la tribu se rendaient parfaitement compte que les jeunes filles rejetaient beaucoup d'aspects de leur culture, qu'elles n'étaient pas bien, ce qui selon moi devait les vexer et les décevoir.
Du coté des tribus elles-mêmes, il y avait déjà la présence des caméras, auxquelles elles sont très loin d'être habituées, mais aussi le devoir de s'adapter un minimum à leur hôte, malgré que la "consigne" et le cours naturel des choses font que c'est à la famille de s'adapter au style de vie de la tribu.
Je pense que ce concept de confronter deux cultures a du pour et du contre : ce peut être à la fois perçu négativement, par le fait que la culture des tribus est un peu dénaturée, par la présence à la fois des caméras, de la production, mais aussi par la présence de Français pendant 3 semaines, et donc par la présence chez eux d'une culture complètement opposée. Mais en même temps, ce concept peut être vu de manière positive, par le fait que les deux cultures en cohabitation s'enrichissent et se complètent mutuellement. De plus, par le fait qu'elle soit filmée et donc accessible à la télévision, l'émission fait figure de documentaire encore plus réel et ressenti, vécu par les téléspectateurs qui réalisent vraiment que leur culture n'en est qu'une parmi tant d'autres tellement différentes.
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